Après avoir tenté mieux comprendre l’origine du terme web 2.0 à travers une relecture historique, je vous propose un second billet qui s’intéresse à l’émergence des services 2.0 et aux innovations techniques et conceptuelles qui leur sont liés.
Bien souvent on décrit la base du web 2.0 comme un changement de technologies (ajax, RSS, web services, etc…). Or si on regarde le tableau dressé par O’Reilly (cf. billet précédent) pour illustrer le passage du web 1.0 au web 2.0, on constate que les innovations technologiques (web services, syndication) sont finalement moins nombreuses que les innovations de concept (le wiki, le blog, la folksonomy, la participation etc…). Bref, à mon sens les technologies dites du web 2.0 n’ont pas précédés les concepts et comportements, au contraire, tout cela a émergé de façon simultanée. On pourrait alors parler de briques qui se sont assemblées pour donner naissance à une construction complexe qui est le web 2.0. On peut alors distinguer trois types de briques : les briques techniques, les briques ergonomiques et les briques conceptuelles.
Les briques techniques sont constituées d’un ensemble de technologies nouvelles ou utilisées différemment (format de donnée, langage de développement, architecture des applications, etc…).
L’aspect ergonomique regroupe tout ce qui concerne les changements de l’interface utilisateurs des sites et applications web. Le plus marquant est le développement d’interface riche notamment grâce à la technologie Ajax qui permet beaucoup plus d’interaction de l’utilisateur sur les pages web. On peut citer notamment l’apparition d’onglets, de sélecteur de date, de « cover flow », d’éléments déplaçables, etc…
Le second élément est la simplification des interfaces qui passe notamment par la mise en place d’un design plus épuré : menus de navigation simple, couleurs fortes, surfaces riches (dégradés, ombres, réflexions, stries…), texte de taille importante, logo très visible, entête de site mis en valeur, bouton de « call to action » mis en évidence etc…
Il s’agit de tous les nouveaux concepts qui se développent et qui viennent remplacer ou s’additionner aux usages plus anciens.
Les différentes briques que l’on vient de décrire ne constituent pas à elles seules le web 2.0. Le web 2.0 n’existe que parce que des acteurs du web se sont saisies de ces briques (et d’ailleurs ont parfois même contribué à leur développement et à leur diffusion) et s’en sont servi pour créer des services web innovants. Des services qui ont alors été qualifiés de service web 2.0. Si on suit correctement le raisonnement ce sont donc les entrepreneurs, les ingénieurs, les marketeur, etc… qui en s’emparant des briques constitutives du web 2.0 pour créer des services innovants ont permis l’existence du web 2.0. En ce sens il existe une certaine performativité de la notion de web 2.0 : l’expression web 2.0 ne décrit pas seulement une réalité, elle a crée cette réalité.
Littéralement en quelques années il y a eu une explosion des services de la génération web 2.0, on peut citer pêle-mêle : YouTube, Flickr, Delicous, Wikipedia, Blogger, MySpace, Facebook, LinkedIn, SlideShare, Technorati, Digg, Twitter, Friendfeed, , Last.fm, Netvibes, , Zoho, Basecamp, etc… Sur le net, il circule de nombreuses images témoignant de ce foisonnement d’acteurs 2.0, personnellement j’aime bien celle-ci :
Au final, on constate qu’il y a eu un glissement sémantique du terme web 2.0. Alors qu’initialement il désignait la période de renouveau du web, il en est venu à désigner les acteurs ou services qui par leur innovation ont été à l’origine ou ont profité de ce renouveau. Cette innovation doit être vue comme la combinaison de plusieurs briques (technique, ergonomique, conceptuelle) qui sont intrinsèquement lié au terme Web 2.0
Les 2 autres billets de la série :
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