Web 2.0 : l’émergence du paradigme 2.0

9 août 2009

Troisième et dernier billet de la série consacrée au Web 2.0. Les précédents billets ont permis de voir comment le terme Web 2.0 qui désignait initialement la période de renouveau du web, a plutôt désigné par la suite l’ensemble des services/acteurs de ce renouveau et les innovations techno-conceptuelles qui lui sont lié.

Dans le précédent billet, on pouvait voir une iconographie représentant le foisonnement d’acteur dans la sphère 2.0. Mais quel est en fin de compte le point commun entre tous ces acteurs/services ? Pour répondre à cette question je reprendrai ce que disait Hubert Guillaud à savoir que l’essence de ces services est de « replacer l’utilisateur et ses relations avec les autres, plutôt qu’avec des contenus ou des machines, au centre de l’Internet. Le web 2.0 est résolument relationnel ». Cette notion est à mon sens fondamental et doit se comprendre à travers trois usages génériques :

  • Le partage : possibilité de partager à n’importe quel moment n’importe quel contenu
  • La contribution : l’internaute est passé d’un rôle passif à un rôle actif (publication via un blog ou un wiki, commentaire/avis/opinion, notation, vote, tags, etc…)
  • La communauté : possibilité de se connecter, de discuter et d’engager une relation avec d’autres internautes

Ces usages qui peuvent paraître en soit anecdotiques sont pourtant centraux et ont créé un véritable paradigme. Ce que j’entendu par paradigme, c’est une certain façon de se représenter, de penser le web. Cette représentation a des impacts sur tout l’écosystème du web, de la façon de créer un site à la façon de le marketer. Ainsi, des standards se sont imposés et il semble difficile de revenir en arrière. On peut citer comme exemple les sites de presse en ligne qui se sont peu à peu ouverts aux commentaires des internautes et ont ainsi embrassé le paradigme 2.0. Du côté des internautes les usages 2.0 se sont aussi démocratisés. Le monde professionnel entre aussi peu à peu dans l’univers 2.0 à travers le concept d’entreprise 2.0. Enfin dernière sphère qui semblait réticente, la politique se met également au 2.0 : on a parlé de campagne 2.0 à propos de la campagne électorale de Barack Obama ; plus proche de nous, lors des élections européennes en France, la liste Europe Ecologie a su très bien utiliser les usages du web 2.0 pour mener campagne. Deux exemples politiques, deux succès dans les urnes !

Bref, ce qu’il s’agit de comprendre ici, c’est que les usages créés par le web 2.0 ont largement débordé de la sphère web et on eu des impacts hors web : changement dans la façon de sociabiliser (cf. les réseaux sociaux, Facebook en tête), comportement en entreprise (social marketing, entreprise 2.0), relation démocratique (cf. l’exemple précédent sur la politique et les élections), etc… A mon sens, cela n’est qu’un début, mais déjà certaines industries sont fortement impactées par ces changements comportementaux (notamment les industries de la musique et du cinéma qui ne savent toujours pas vraiment comment contrer l’explosion du peer-to-peer, une des formes les plus poussés du partage 2.0).

Au final, le suffixe « 2.0 » permet de désigner de façon simple des changements complexes et est à mon sens, le symbole de l’émergence d’un nouveau paradigme qui déborde du simple cadre du web.

Les 2 autres billets de la série :

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Renaud

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